Pouvez-vous nous expliquer pourquoi il serait juste de faire une année de Yéchiva après le bac ?

Pouvez-vous nous expliquer pourquoi il serait juste de faire une année de Yéchiva après le bac ?

Rédigé le 11/04/2019
Prise de conscience

Question :

Chalom,

Pouvez-vous nous expliquer pourquoi il serait juste de faire une année de Yéchiva après le bac ?

Merci

Réponse :

Chalom,

Il est clair qu’étudier la Torah une année à Jérusalem est un immense cadeau qu’Hachem nous propose et qu’il ne faut pas manquer.

Pourquoi ?

  • Tout d’abord, un jeune homme de 18 ans est appelé ba’hour en hébreu,

    qui vient de la racine liv’hor, choisir, c’est-à-dire qu’il est à l’âge du choix.

Il a eu le Bac ?

Très bien, mais maintenant, que fait-il de sa vie ?

Il a plusieurs choix en face de lui, des choix capitaux, car s’il se trompe même de façon infime, les conséquences peuvent être désastreuses.

Comme l’a dit le Roi David dans les Téhilim :

« Ké’hitsim béyad guibor,

kène béné hanéourim


-

Des flèches entre les mains d’un archer,

voilà ce que sont les jours de la jeunesse ».

Autrement dit, lorsqu’on est jeune, on est comparable à un archer qui s’entraîne au tir.

Celui qui fait du tir à l’arc sait à quel point le fait de bouger ne serait-ce que d’un millimètre peut déjà lui faire manquer sa cible.

Il est donc capital d’opter pour les bons choix durant cette période.

Une année de Yéchiva nous permet de mieux nous connaître et de répondre aux questions suivantes :

  • Pourquoi sommes-nous sur terre ?
  • Quel est le but de la vie ?
  • Qu’est-ce qu’Hachem attend de nous ?
  • La Torah est-elle vraie ?
  • Si c’est le cas, à quel point ?
  • Que valent les paroles des Sages d’Israël ?

Les réponses à ces questions sont essentielles car elles changent complètement notre vie.

  • En effet, il est clair qu’un homme qui sait pourquoi il vit, qui connaît son but, qui apprend l’art de gérer une famille, d’être un bon père et un bon mari prend sa vie en main très efficacement.

    Or, tout cela nécessite un enseignement qu’on ne trouve pas hors de la Yéchiva.



  • De plus, de nos jours, on peut constater que les écueils ne manquent pas autour de nous.



    • Il y a énormément de divorces,
    • De problèmes de Chalom bayit,
    • D’éducation
    • etc.



  • Quelqu’un qui entre dans la vie active en pensant que l’essentiel est de faire de l’argent rate sa vie car en effet, il y a tellement plus que cela à prendre en considération.

    Évidemment, il faut avoir une profession et travailler pour gagner de l’argent, mais il est clair que là n’est pas l’essentiel de la vie. 

Quelles sont les réponses aux questions existentielles ?

Il est crucial de les connaître.

  • Ensuite, il y a le travail sur soi.

Nous avons un yétser hara, des mauvaises tendances qu’il faut corriger afin de devenir quelqu’un d’équilibré.

Cela demande beaucoup d’efforts, il y a des techniques à apprendre, il faut aussi savoir discerner en nous ce qui est juste et ce qui ne l’est pas etc.

  • Par la suite, il y a l’étude de la Guémara qui rend les gens extrêmement intelligents.





    • Il est connu que les jeunes hommes ayant étudié dans les Yéchivot qui ont ensuite fait du business réussissent généralement très bien à ce niveau.



    • Le cerveau est un muscle que l’étude de la Guémara développe considérablement.

      Ici en Israël, au niveau du high-tech, il existe une certaine unité dans Tsahal d’où sortent les plus grands spécialistes dans ce domaine. La plupart du temps, il s’agit d’orthodoxes dont le cursus est lié aux Yéchivot car leur vivacité d’esprit est tout bonnement hors du commun.



  • Puis vient l’étude de la Torah en soi. 



    • Il existe 613 mitsvot qui ont chacune leur propre valeur, mais l’étude de la Torah a davantage de valeur que toutes les mitsvot réunies !

      Autrement dit, un mot de Torah qu’on prononce équivaut aux 613 mitsvot.

      Ainsi, en quelques heures de Torah, on réalise une quantité astronomique de mitsvot (surtout lorsque c’est difficile et surtout pendant Chabbat).

      On peut réellement en arriver à accomplir des milliards de mitsvot.



    • Lorsqu’on sera au olam haba, on nous montrera le compte de nos mitsvot et non le compte de l’argent qu’on a gagné, la marque de notre voiture ou la villa dans laquelle on a habité.

      Seul le décompte des mitsvot subsistera.



    • Dès lors, le fait de prendre un an dans sa vie pour se faire un petit magot spirituel qui nous servira durant toute notre vie et qui nous permettra de recevoir la berakha d’Hachem est absolument fondamental.




  • Par ailleurs, un beau jour, on deviendra père de famille et on souhaitera donner une bonne éducation à nos enfants.

    Mais si on ne va pas à la Yéchiva, alors le jour où ils nous poseront des questions, on ne saura pas leur répondre ni leur dire qu’il est écrit telle et telle chose dans la Torah.

Aujourd’hui, les enfants posent de bonnes questions très tôt, et si on n’a pas les bonnes réponses en leur rapportant ce qui est mentionné dans la Torah, ils auront des doutes et leurs questions resteront sans réponses satisfaisantes.

Or, les tentations à l’extérieur sont très grandes et ne manquent pas, elles sont dangereuses et contraires à la Torah.

Par conséquent, par fautes de réponses adéquates, il y a de grandes chances que nos enfants quittent le bon chemin à D.ieu ne plaise.

Prenons l’exemple de l’assimilation :

  • Il y a des filles non-juives qui sont belles et attirantes.

    Pour nous, cette idée est inconcevable : « Une goya ?! Jamais de la vie ! »



  • Cela est valable pour nous et à vous à qui je m’adresse, mais qu’en est-il de vos propres enfants et petits-enfants ?

    Si on ne leur transmet pas un contenu pertinent avec de bonnes réponses (car oui, il y a des réponses à toutes les questions), il est évident qu’ils iront voir ailleurs.



  • Si on ne sait pas quoi leur répondre, on est analphabète en Torah.

Dans ces conditions, il n’y a aucune raison pour que nos enfants continuent à être religieux ; dans le meilleur des cas, ils seront très light, leurs enfants seront encore plus laxistes et pour finir, on arrive à l’assimilation.

Ce fléau est présent dans toutes les familles, même les bonnes familles.

  • Chez certaines, un cousin a une copine non-juive, d’autres ont des cousines mariées à des non-juifs etc. Hélas, l’assimilation est monnaie courante aujourd’hui, c’est vraiment terrible.

    Le seul moyen de combattre l’assimilation, qui est notre pire ennemi, est la connaissance de la Torah, c’est-à-dire être en mesure de transmettre à nos enfants un contenu pertinent, cohérent et beau, et cela existe.

    Or, il faut au moins une bonne année de Torah pour être en mesure de répondre convenablement à nos enfants et ne pas être considéré comme un analphabète.



  • Même dans le cas où nos enfants deviennent religieux, ils voudront étudier un peu avec nous et il faudra qu’on en soit capable. Une personne qui ne sait pas étudier une page de Guémara est considérée comme analphabète d’après la Torah.

Alors oui, on sait lire en hébreu (et encore !), on parle un peu par-ci par-là, mais on ne sait pas lire le Talmud.

Or, l’essentiel est d’acquérir les outils qui nous permettront d’être autonomes dans le Talmud.

Dans cette mesure, si on travaille bien, une année de Yéchiva est le seul et unique moyen pour nous faire acquérir ces outils.

Si vous avez besoin d’autres renseignements, n’hésitez pas à me réécrire.

Que D.ieu vous aide à faire les bons choix.

Pessa’h Cacher vésaméa’h

Au revoir,

Rav Ron Chaya