Question de Orme de Sibérie

Rédigé le 07/02/2021

Kvod haRav chalom,

Voici les 9 raisons de relations intimes qui provoquent la venue d’une nechama destine à devenir un erev rav :

  1. Elle est fâchée contre lui, à plus forte raison si on a une relation avec elle contre son gré.
  2. Si l’homme la hait (pendant le moment de la relation).
  3. Si l’un ou l’autre est excommunié (nidouï) ou est en deuil.

    Certains disent qu’il ne faut pas lire nidouï mais nida.
  4. Il a 2 femmes et il pense qu’il est avec une alors qu’il est avec l’autre.
  5. Elle ne veut plus de lui comme mari et veut divorcer, même si elle est consentante pendant la relation.
  6. L’un ou l’autre est ivre.
  7. Il veut la divorcer, et même s’il ne veut pas la divorcer mais qu’il doive la divorcer d’après la loi, même s’il est encore amoureux.
  8. Il pense à une autre femme pendant qu’il est en relation avec la sienne.
  9. Sa femme lui a demandé d’avoir une relation (cela est considéré comme de l’insolence, elle doit lui montrer cela mais elle ne peut pas le dire clairement).

    ‘Hazal ont aussi écrit qu’on ne doit pas avoir une relation avec sa femme lorsqu’elle est endormie.

Seulement il y a beaucoup d’hommes aujourd’hui qui après quelques années de mariage n’aime plus leur femme et souhaiteraient la divorce mais ne le font pas.

Aussi beaucoup qui ne sont plus attirés par leur femme et pense à d’autres…

Alors comment interpréter le fait de haïr une femme (est-ce ne plus l’aimer, être en colère, ne plus avoir de sentiment ect…) ?

Beaucoup de femmes aujourd’hui non conscient des lois demande à leur mari une relation (ce sujet est très délicat car il touche au sentiment et il est très dur de demander à un mari qui n’aime plus sa femme d’avoir à nouveau des sentiments pour elle ou un mari qui n’a plus d’attirance pour sa femme d’en avoir à nouveau)…

Donc si nous comprenons bien ces 9 raisons, cela voudrait-il dire qu’il vaut mieux quitter sa femmes plutôt que de prendre le risque de faire venir des nechamot destinées au erev rav ?

Et comment devons-nous voir les unions arrangées, car beaucoup de jeune hassidiques se marient avec une femme qu’il n’aiment pas vraiment puisque selon la Torah l’amour vient après le mariage…

Donc, ils attendent de voir après le mariage et se rende compte que ce n’est pas ce qu’ils veulent mais ne divorcent pas, et l’union des grands rabanim, comme Baba Sali (que son s’hout nous protège) qui a dit, si je me trompe pas (si oui que D. me pardonne), « je me marierais avec n’importe quelle femme belle ou moche, je ferais juste la mitsva »

Merci

Réponse du Rav Ron Chaya :

Chalom,

D’abord, il existe une grande différence entre le fait de haïr et le fait de ne pas aimer.

La Torah interdit de haïr, elle n’interdit pas de ne pas aimer.

Il est vrai qu’il y a une grande mitsva d’aimer, mais on ne transgresse pas un interdit en n’aimant pas, tant qu’on ne se hait pas?

Dans cette mesure, quand un couple ‘hassidique se marie, si l’homme n’aime pas encore sa femme (car des fois, avant le mariage, il l’aime déjà), il pratiquera rapidement la mitsva d’aimer son prochain, qui concerne plus sa femme que les autres, et arrivera facilement à l’aimer.

Quoi qu’il en soit, en ce qui concerne ta question, quand il n’y a pas de haine, il n’y a pas de problème au niveau de la relation.

Idem Baba Salé, lorsqu’il fait la mistva, il fait deux mitsvot :

La mitsva de ona (relations intimes) et la mistva d’aimer.

Peu importe si sa femme est belle ou non, car l’amour ne provient pas de l’attirance physique, mais c’est une chose bien plus profonde.

Quant aux hommes qui n’aiment pas leur femme et souhaiterait le divorce, à eux de travailler leurs midot pour pratiquer la mistva d’aimer son prochain, et ainsi il n’amèneront pas des âmes du erev rav sur terre.

Si la Torah a cité ces 9 types de relations qui amènent ces âmes du erevrav, cela signifie qu’elle comprend qu’il y a des gens qui puissent être dans cette situation et qu’elle demande à ce type de personnes de travailler sur elles-mêmes pour changer.

Si c’était une fatalité à laquelle on n’aurait rien pu changer, la Torah ne nous aurait pas interdit d’avoir ces relations dans ce type de cas ; elle aurait dit de divorcer.

Donc le fait qu’elle interdise ces relations vient pour nous dire

« tu ne vas pas divorcer,

tu vas travailler tes midotmaintenant

pour te mettre en situation d’amour ta femme »

(ou du moins, afin ne pas transgresser un de ces interdits de relations interdites,

tu vas te travailler à ne pas être dans un état de haine).

De même, un mari devra avoir des relations avec sa femme selon ses besoins, de façon à ce qu’elle n’ait pas besoin de le demander à son mari explicitement.

De même, un mari qui pense à une autre femme (‘has véchalom) lorsqu’il est avec sa propre femme doit vraiment faire un grand travail de pensée avec lui-même car très franchement, il est bien bien enfoncé dans le faux.

A propos de ceux qui souhaitent le divorce, s’ils le souhaitent vraiment, alors qu’ils divorcent.

Le fait de ne pas divorcer signifie qu’ils ne le souhaitent pas vraiment, et dans ce cas, la relation est autorisée.

J’espère que j’ai été clair.

Si tu a besoin de précisions, n’hésite pas à me réécrire.

Au revoir,

Rav Ron Chaya

Agav